Say Yes
Say Yes est la dernière réalisation en date de Kim Seong-Hong, l’homme derrière The Snare, thriller œdipien aussi brutal dans sa forme que dans son sujet qui ne m’avait pas vraiment convaincu... Pourquoi alors se laisser tenter par Say Yes ? Tout simplement parce qu’on y retrouve, en tête d’affiche, l’inénarrable Park Jung-Hun, dans son premier rôle sur grand-écran depuis sa prestation inoubliable en tant que héros de Nowhere to Hide. Une raison suffisante pour s’intéresser à un film, non ? Verdict dans les lignes suivantes...
Après un an de petites galères, le mariage de Jeong-Hyun et Yun-Hie se débloque enfin grâce à la publication du premier roman de Jeong-Hyun. Pour célébrer aussi bien leur anniversaire de mariage que cet heureux événement, le couple décide de s’offrir des petites vacances, à savoir 3 jours à la mer. Pour ce faire, Jeong-Hyun achète une voiture neuve ; ce qui lui vaut de se faire réprimander par sa femme. Mais l’ambiance est quand même au beau fixe, jusqu’à ce que le couple s’arrête dans un village le temps d’une pause café.
Alors que son mari est aux toilettes, Yun-Hie remarque la présence d’un homme (Park Jung-Hun), qui la regarde fixement et de manière un tantinet effrayante... L’homme quitte le café au retour de Jeong-Hyun, et le couple rejoint sa voiture. Mais un accident se produit qui va bouleverser le cours de ces premières vacances : en reculant brutalement de sa place de parking, Jeong-Hyun renverse l’observateur de sa femme, qui semble presque s’être jeté derrière le véhicule. Celui-ci leur demande, en compensation, de l’emmener jusqu’à leur lieu de vacances. A contre-cœur, Jeong-Hyun et Yun-Hie acceptent.
Le début du trajet s’effectue dans le silence. Jeong-Hyun essaye bien de détendre l’atmosphère à plusieurs reprises, mais rien n’y fait. Il faut dire aussi que leur compagnon improvisé n’est pas des plus agréables : il fume dans la voiture, se contente de fixer la route et ne répond pas aux questions qu’on lui pose. Néanmoins, il finit tout de même par poser une question au couple : "Combien de temps aimeriez-vous encore vivre tous les deux ? [...] Parce que je n’ai pas encore décidé si j’allais vous tuer ou pas." Jeong-Hyun arrête instantanément la voiture et demande à son passager arrière de bien vouloir sortir. Celui-ci prétend que ce n’était qu’une blague et s’excuse de façon peu convaincante. Le trajet se termine ensuite dans le silence. Arrivés à leur destination, Jeong-Hyun demande agressivement à Park Jung-Hun de bien vouloir sortir. Avant de partir, celui-ci déclare "ne jamais s’amuser à faire des blagues". Pour Jeong-Hyun et Yun-Hie, ce sera le début d’un jeu du chat et des souris particulièrement terrifiant...
Subtil un jour, subtil toujours... Il faut croire que l’on ne se refait pas : si The Snare était déjà vraiment brutal, narrativement et visuellement, Say Yes l’est encore dix fois plus. Il faut dire aussi que, dans le cas de The Snare, il y avait au moins toute une partie du film qu jouait sur le fait que l’un des personnages au moins ne soupçonnait pas la mère capable de la moindre cruauté. Ici, dés la première apparition de Park Jung-Hun, le ton est donné : cet homme est terriblement méchant et dangereux, et il va mener la vie dure à notre gentil couple de héros. D’entrée de jeu, pas la moindre ambiguïté, pas le moindre doute. La suite est une course poursuite effarante, au cours de laquelle le trio de protagonistes va être amené à franchir des paliers de violence éprouvants. Les derniers instants du film, inattendus là où le reste de l’histoire ce contentait de satisfaire nos attentes avec efficacité, sont réellement redoutables, pessimistes, violentissimes en plus de vraiment gore.
Si Say Yes est très bien réalisé et relativement spectaculaire, il reste tout de même décevant. Bien sûr, ce côté très rentre-dedans est un parti pris affiché, mais le tout manque d’un véritable suspense ; ici, le seul phénomène qui vous maintient en attention, c’est la certitude du déroulement de la suite des événements. Reste tout de même la prestation incroyable de l’homme qui ne cligne pas des yeux (Park Jung-Hun, qui décidemment aime les rôles d’acharnés de la vie), et cette fin épouvantable qui nous rappelle de quoi peuvent être capable les hommes, que ce soit par colère ou par simple jalousie. Flippant !
Say Yes est disponible en DVD en Corée chez Fox Korea.
La copie est au format, anamorphique, et ne présente aucun défaut de compression. La piste son en 5.1 est à l’image du film : aggressive mais pas subtile... Les sous-titres anglais sont tout à fait acceptables.
En guise de suppléments : trailer, interviews, et quelques extraits du tournage vraiment intéressants.


