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Corée du Sud

Death Bell

aka Exam : Bloody Midterms - Gosa | Corée du Sud | 2008 | Un film de Chang (Yoon Hong-seung) | Avec Nam Gyu-ri, Son Yeo-eun, Kim Beom, Lee Beom-soo, Yoon Jeong-hee

Bloody whispering corridor royale of the dead with a vengeance.

C’est la période des examens dans un lycée privé coréen. A l’issue des épreuves, les vingt meilleurs élèves de la session – dont l’annonce est publique via le réseau d’écrans installé dans les couloirs de l’établissement - sont choisis par le corps enseignant pour former une classe, d’élite et temporaire, à même d’en remontrer aux étudiants échangés avec une prestigieuse école anglaise. Comme s’ils ne travaillaient pas assez, les heureux élus se réunissent un week-end pour améliorer, encore et toujours, leur enseignement. Sur le point de démarrer son cours exceptionnel, Chang-Wook, le prof principal de la belle Ina, constate sans s’inquiéter que l’une des élèves manque à l’appel. C’est pendant le cours d’anglais de la rigide So-young que l’absente fait son apparition ; non pas dans la salle, mais sur un écran de télévision. Plongés dans l’étude d’un document vidéo dans la langue de Shakespeare, les premiers de la classe voient le programme interrompu par un flux en direct, de leur camarade enfermée dans un aquarium. Une voix off leur explique que tous les présents vont subir un nouvel examen ; à chaque mauvais réponse, un élève mourra. La meilleure élève du lycée décède sous les yeux impuissants des enseignants et des adolescents. Sommés de ne pas quitter l’établissement sous peine de représailles violentes, les prisonniers vont se plier au jeu de piste de l’assassin, qui s’attaque au classement des élèves par ordre décroissant. Rapidement, ce sera le tour de Mong-hyo, la meilleure amie d’Ina. Et notre héroïne sera la suivante...

Il semblerait que la vague horrifique coréenne soit quelque peu en train de s’essouffler. Alors que la période estivale est d’ordinaire prétexte à une flopée de sorties en effet, les producteurs coréens ont joué, face aux échecs des années précédentes, la carte du raisonnable en ne sortant qu’un seul film du genre cette année : Death Bell. Son réalisateur par contre, le surnommé « just  » Chang, n’a pas abattu la même carte de restreinte. Et, a priori, c’est tant mieux, car Death Bell a tout de l’actionner horrifique, nourri de tout un pan de la culture contemporaine, plutôt que du simple et sempiternel film de fantôme chevelu.

Depuis son ouverture très zombiesque jusqu’à l’exposition de son jeu de piste macabre, Death Bell pioche en effet ouvertement dans ce qui est devenu, à la force de Jigsaw et autres Whispering Corridors, un inconscient fantastique collectif : un mélange de torture porn et de film de fantômes asiatique, teinté d’un héritage slasher. Un lieu fait de familiers qui parvient à paraitre original, dénonçant de façon brutale, excessive et parfois peu crédible, la sévérité d’un système éducatif coréen versé dans la compétition à outrance. Hang filme le faux-fantastique comme une prise d’otage, exploite les possibilités de sa geôle écolière, brouille les pistes en esquissant une possible histoire de revenante vengeresque. Surtout, il parvient à rendre palpable une course contre la montre qui, dans sa construction agressive, favorise une très nécessaire « suspension d’incrédulité ».

Car quand on y regarde de plus près, Death Bell n’est qu’un habile artifice : derrière les split-screens et autres effets de réalisation, le film dissimule un twist banal qui ne vient jamais éclairer le scénario ; au contraire même, puisqu’il pare celui-ci d’une certaine incohérence. Chang parvient toutefois à nous embarquer dans son histoire de culpabilité, non seulement par son aisance derrière la caméra, mais aussi via un casting impeccable, mené par la charmante Nam Gyu-ri et le toujours excellent Lee Beom-soo. Grâce à eux, on se préoccupe finalement plus de la survie des personnages, que de l’objectif narratif du film. Le megamix opéré par Death Bell a le mérite de jouer la carte d’un cinéma d’horreur ouvert ; et s’il souffre de nombreuses zones d’ombre, on se laisse porter, presque à court d’haleine, le long de son récit fait d’énigmes et de meurtres exacerbés, ce qui n’est pas si mal pour un film d’horreur coréen.

- Article paru le vendredi 17 octobre 2008

signé Akatomy

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